Les régimes, ça craint

Me voici me voilà, avec mes gros sabots et un titre un brin provocateur. A travers mon expérience personnelle, vécue et observée, mais également via beaucoup de lecture sur le sujet, et plusieurs cours dans le cadre de mon BP JEPS, quelques réflexions au sujet des régimes alimentaires…

Pour commencer, remettons les choses dans leur contexte : je parle ici des régimes de perte de poids « de convenance ». Les régimes suivis sur les conseils d’un médecin, pour un problème de santé précis, ne sont donc pas concernés!

Régime paléo, monodiète, régime hyperprotéiné, « perdre 4 kilos en 4 jours », « régime express avant la plage »… Vous avez l’embarras du choix!

regimes

Passons sur le fond et intéressons-nous à la forme

Se mettre au régime, c’est forcément limiter ses apports énergétiques quotidiens. L’équation est simple : nombre de calories qui entrent – nombre de calories qui sortent = nombre de calories en trop, qui vont aller se stocker quelque part en attendant d’être utilisées (ou pas). A l’état « naturel », notre corps se régule tout seul :

La sensation de faim envoie un signal simple : j’ai besoin d’énergie!
La sensation de satiété prend ensuite le relais : c’est bon, j’ai ce qu’il faut pour tenir jusqu’au prochain repas!

La plupart des régimes détraquent ces signaux. En réduisant le nombre de calories ingérées, alors qu’on en dépense toujours autant, le corps va puiser dans ses réserves pour trouver l’énergie dont il a besoin. Toujours autant de calories qui sortent, mais moins de calories qui entrent = perte de poids automatique. Le tout sans prendre en compte ses propres sensations (exemple typique : il faut prendre un gros petit déjeuner – moi qui n’ai pas faim le matin, je vais me forcer à manger quand même, alors que mon corps ne m’a rien réclamé).

Oui mais…

Oui mais cette perte de poids a une limite. Au bout de x jours/semaines/mois de régime, la balance finit par se stabiliser ; à force de puiser dans les réserves, pas bête le corps, il se met en mode économie d’énergie. Ne sachant pas combien de temps va durer la diète, il va finir par s’habituer à fonctionner avec moins de calories. On assiste à un ralentissement du métabolisme*.

pommes

Et là, c’est le drame

Julie pèse 64 kilos. Elle mange en moyenne l’équivalent de 1900 calories par jour et son poids est stable. Elle a décidé de se mettre au régime, et suit donc un programme à environ 1400 calories par jour. Au bout de quelques semaines, Julie est ravie, elle a perdu les 4 kilos qui l’embêtaient. Elle se remet donc à manger un peu plus, à se faire plaisir. Sauf que son organisme a pris l’habitude de se contenter de ce qu’il avait : il n’a plus besoin que de 1400 calories journalières…

C’est là que commence le cercle vicieux. Julie revient à une alimentation « normale », entre 1600 et 2000 calories par jour. Et toutes ces calories en plus qui arrivent, son corps ne sait plus quoi en faire. Allez hop, au stockage! On ne sait jamais, si une nouvelle période de disette arrive, il sera à l’abri comme ça! Julie reprend donc assez rapidement les 4 kilos qu’elle avait perdu, et se retrouve même à 66 kilos, 3 mois après la fin de son régime. Elle décide donc de recommencer, et ça repart pour un tour…

balance

Mais encore?

Au fond, le problème se trouve plus souvent dans notre tête que dans notre assiette. Parce qu’en plus de cette histoire de calories et de kilos, Julie se sent de plus en plus mal dans sa peau. Sensation d’échec, culpabilité, elle se sent nulle de ne pas arriver à rester à ce poids qu’elle perçoit comme parfait. La nourriture devient son ennemie, sa balance l’incarnation du diable. Elle se met à alterner les phases de restriction avec d’autres phases de craquage total. Son pêché mignon, c’est le Nutella – alors elle n’en achète plus pour éviter le problème. Mais le jour où elle va passer un week-end chez ses parents, et qu’elle tombe sur un pot dans le placard, c’est la débandade, et elle le finit en quelques minutes!

STOP!

Ce n’est pas simple de le comprendre, ni de l’accepter, et encore moins de l’appliquer. Mais une des clés de tout cela, c’est la sensation.

Dans son livre Maigrir sans régime, Jean-Philippe Zermati promeut tout simplement une reconnexion avec son corps. A bas les conseils farfelus qui sortent tous les ans, quelques semaines avant l’été! Cela peut sembler enfantin, mais savoir reconnaître la faim, ce n’est pas si simple! Car avoir faim, ce n’est pas avoir envie de manger, ni manger « parce que c’est l’heure »… Et la satiété, vous savez reconnaître la satiété vous? Combien de fois sortons-nous de table avec une sensation de trop-plein?


Vous aurez compris qu’à travers mon exemple un peu grossier, j’essaie de montrer par a+b la nocivité des régimes sur le long terme. Prise de poids, culpabilité, troubles du comportement alimentaire… les conséquences peuvent être désastreuses, physiquement mais aussi psychologiquement.


Pour celles et ceux qui voudraient en savoir plus, voici quelques pistes intéressantes :

Mangez en paix! (Gérard Apfeldorfer)
Fuck les régimes (Chloé Hollings)
– Maigrir sans régime (Jean-Philippe Zermati)


* métabolisme : "ensemble des réactions qui permettent de maintenir l'organisme en vie"
(respiration, battements du cœur, activité cérébrale, digestion, etc). 
Le métabolisme de base dépend de nombreux facteurs (taille, poids, âge, sexe...),
c'est ce qui explique que d'une personne à l'autre les besoins caloriques sont très différents.

4 réflexions sur “Les régimes, ça craint

  1. Très intéressant ton article … pour ma part c’est devenu la base de mon alimentation : écouter mes sensations de satiété. Evidemment je privilégie certains aliments et en limite d’autre, parfois je craque aussi mais après deux grossesses et pas mal de kilos en trop j’ai réussi à me stabiliser durablement.
    Le sport est aussi un allié dans la sensation de satiété je trouve (j’ai moins faim).
    Et sinon j’apprends aussi à mes filles à ne pas se forcer à manger et à s’écouter ….. je ne les force pas à terminer leur assiette.

    Bravo pour ton projet professionnel !! Belle continuation

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    • Merci Anaïs 🙂
      L’activité physique est bien sûr une autre des clés pour bien vivre son rapport à la nourriture… ça sera l’objet d’un prochain article d’ailleurs!
      Très bonne initiative pour tes filles – malheureusement nos troubles ont souvent un lien avec notre enfance, qu’on nous ai forcé à finir notre assiette, ou au contraire qu’on nous ai dit de faire attention à ce qu’on mange!

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  2. Certaines personnes souffrent effectivement de surpoids ou d’obésité ( à ne pas confondre les deux termes car beaucoup font des amalgames à ce sujet) et les régimes qu’elles s’affligent (une vraie torture psychologique pour celles et ceux qui compensent par la nourriture) ne peuvent être efficaces sur le long terme. La restriction n’est pas une vie et une fois que les efforts se relâchent, elles reprennent souvent les kilos perdus. Bonjour la frustration ! Pour d’autres, les régimes ne marchent pas et dans ce cas, ça me fait surtout penser au sketch des inconnus : « J’ai déjà fait le régime Weigh Watchers » –  » Ah ouais ? tu as perdu combien ? » –  » J’ai perdu 3000 balles ». Je pense que la meilleure solution reste de faire du sport, déjà pour toutes les raisons qu’on connait mais aussi parce qu’il modifie progressivement le rapport à la nourriture. Tu as raison quand tu écris que le problème des kilos se trouve souvent dans la tête. Ton cas est bien illustré et explicite (celui du craquage alimentaire) mais il y a encore bien d’autres causes (seulement, toutes les détailler reviendrait à écrire un roman en 8 tomes). Je ne vais donc en citer qu’une seule : certaines filles se voient grosses alors qu’elles sont minces en réalité (sans aller jusqu’à l’anorexie) et là aussi, c’est dans la tête. On pourrait parler de ce sujet pendant des heures alors je m’arrêterai là. En tout cas, c’est un excellent article ! 🙂

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    • Merci Célina 🙂
      C’est clair que ça a été difficile de faire court, et justement je suis en train de préparer 2 articles complémentaires à celui-là. C’est un sujet passionnant, et j’ai moi-même été concernée par ces problèmes, cette pensée permanente qu’on serait mieux avec quelques kilos en moins… J’ai réussi à trouver un équilibre, donc si d’une manière ou d’une autre je peux transmettre cette paix, ce « secret » d’une relation saine avec son corps et la nourriture, alors ma mission sera réussie!

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